25.09.2026-24.01.2027

MIR
Musée international de la Réforme

FERDINAND HODLER. PROFESSION DE FOI

« Au fond, je n’ai jamais peint que des tableaux religieux. »

Cette affirmation de Ferdinand Hodler peut surprendre, mais elle est le reflet d’une quête spirituelle de la modernité qui parcourt toute son oeuvre. Au premier regard, rien ne relie les grandes compositions symbolistes, les paysages lacustres et les figures monumentales qui font la renommée de Ferdinand Hodler à un répertoire religieux traditionnel. Hodler n’a pas peint d’épisodes bibliques ni revendiqué une appartenance religieuse particulière. Cependant, lorsqu’il affirme n’avoir « jamais peint que des tableaux religieux », il invite à relire son œuvre selon une nouvelle perspective : celle d’une recherche constante de ce qui relie l’être humain à un ordre supérieur.

Dans la continuité des expositions Rembrandt et la Bible ainsi que l’Art Brut et l’au-delà, le Musée International de la Réforme propose une nouvelle exposition qui fait dialoguer l’histoire de l’art avec celle de la Réforme. Pour la première fois, l’œuvre du peintre Ferdinand Hodler n’est pas présentée comme un chapitre supplémentaire de sa réception en tant que peintre national ou pionnier de la modernité. Elle est abordée sous un angle inédit, qui déplace le regard vers les formes successives que prend le religieux tout au long de son œuvre. Loin d’apparaître comme une dimension marginale ou anachronique, celle-ci éclaire une autre facette de la modernité du peintre.

Cette exposition réunit plus d’une trentaine d’œuvres issues des plus grandes collections d’art publiques et privées de Suisse et d’Allemagne. En cinq salles, le parcours suit l’évolution de l’œuvre de Ferdinand Hodler. Les premières salles évoquent la jeunesse de Hodler, son éducation protestante et l'importance de la lecture de la Bible dans sa formation. Elles montrent ensuite comment il représente les pratiques religieuses de son temps, avant de s'intéresser à quelques sujets bibliques et à son regard sur l’histoire de la Réforme. Peu à peu, le visiteur découvre une transformation profonde : les références religieuses s'effacent au profit d'une réflexion sur l'unité du vivant, l'ordre de la nature et la place de l'être humain dans l'univers. Les dernières salles traduisent cette recherche d'un infini qui dépasse les frontières des religions et fait de la peinture un véritable langage spirituel. 

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Ferdinand Hodler, Le Printemps, vers 1910, huile sur toile, 102,5 x 129 cm, signé en bas à droite : « F. Hodler », collection privée